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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 08:00

Apollinaire, moins virulent que Baudelaire, nous rappelle lui aussi l'inéluctable course du temps. Merci Jeanne de me faire évoquer ce Pont que j'ai chanté il y a plus d'un demi siècle avec la chorale du lycée !

Défi n°154 ~~ Pourquoi chercher midi à 14 heures ? 2ème jeudi

Le Pont Mirabeau- Guillaume Apollinaire





Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure



Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

Toute la poésie

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 08:00

Allons à l'Oulipo 

Au jour le jour, les défis des croqueurs se succèdent, le désir d'y participer est constant.

L e résultat en revanche n'est pas souvent présent, trop de paresse venant à bout de bonnes volontés vacillantes !

Lors comment être digne de figurer au rang de ceux qui répondront au défi de Jeanne cette quinzaine ? 

Oublieux de trop nombreux manquements, je veux en ce lundi, au risque du ridicule, publier ici quelques mots hésitants.  

Ne riez pas, je suis à cet instant tremblant comme un néophyte, même si j'écris déjà depuis plus de soixante ans !

S i  je me sens maladroit  dans cet exercice, c'est que je crains de vous ennuyer avec des propos indigents.

A lors que mon idée de départ était de détourner la consigne en rédigeant un sonnet de quatorze vers en acrostiche, je me suis résolu à appliquer la règle, la contrainte devant, je l'espère, favoriser l'inspiration. 

L e risque d'être indigeste en quatorze phrases, plus grand encore qu'en quatorze vers octosyllabiques, j'ai choisi de le courir, tant pis pour mes lecteurs qui vont avoir à subir plus encore de mots.

Oh, pourtant il faudrait prendre soin d'eux, que serais-je d'autre qu'une absence si personne ne me lisait, me ramenant à ma médiocrité ?

Un sourire éclairant un instant le visage de celui qui, téméraire ou inconscient, se risque à tenter l'expérience de la lecture de ce pensum suffirait à me combler de joie. 

Las ! comment saurais-je si cette mimique extravagante est apparue, serait-ce une seule seconde sur la frimousse de celle que j'ennuie tout de suite ? 

 

Il suffit pour cela qu'un petit mot ci-dessous, dans les commentaires, pour me rassurer.

Parle, lecteur, que ton intervention me permette de cesser ce verbiage imbécile.

On n'imagine pas comme il est difficile de plaire !

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 08:00
Voir le temps passer

Voir le temps passer

Jeanne, de ses trois notes, nous invite cette quinzaine à regarder passer le temps. Pour le jeudi en poésie, elle m'a fait me souvenir de l'Horloge démoniaque de Baudelaire :

 

L'horloge

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : " Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible,

Le plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide. 

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! "

Charles BAUDELAIRE   (1821-1867)

Croqueurs de mots défi n° 154 "Pourquoi chercher midi à quatorze heures ?"
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